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 Une autre page de l'histoire s'écrit

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Ivy Trojan
Ivy Trojan
L'ange et le diable
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MessageSujet: Re: Une autre page de l'histoire s'écrit   Une autre page de l'histoire s'écrit - Page 2 EmptyJeu 27 Juin - 1:16





Une autre page de l'histoire s'écrit

On ne peut pas dire que la situation est simple entre nous, n'est-ce pas Matthew ? Mais apparemment, je suis en partie responsable de cela, bien que je n'arrive pas à comprendre en quoi. Je commence à en avoir marre. De ne pas comprendre, ta haine, mes absences, mes souvenirs incomplets. Cette vie me lasse, Matthew, mais je continuerais parce que j'ai toujours été le genre de femme têtue et même Katara n'a pas su m'enlever cela. Alors on dirait qu'il va falloir que tu continues à me supporter Matthew. Et cela signifiera soit que tu me toléreras, soit que tu m'accepteras, soit que tu me tueras. Et si tu penses que ce dernier choix est le bon, autant le faire tout de suite n'est-ce pas ? Visiblement, tu n'es pas d'accord... Mais ça ne devrait pas m'étonner, tu n'as jamais aimé faire des choix prévisibles n'est-ce pas ?

Finalement, ce qui me décide à bouger de cette salle, c'est le bruit de détonations. Et vu qu'il n'y a que Matthew comme potentiel ennemi dans cet endroit... Je cours et je tue les hommes qui attaquaient Matt. Je remarque en même temps l'homme avec le lance-roquette à temps pour prévenir le strigoï mais je ne remarque pas mes ennemis assez vite pour bouger moi-même. Plus que la douleur, assez minime, des impacts dans mon corps, c'est la faiblesse physique qu'elle engendre qui me fait mettre les genoux à terre et qui fait hurler Katara dans ma tête. Tais-toi donc, j'ai besoin de toute ma concentration.

J'attrape l'une des armes d'un des cadavres et je me retrouve à tirer sur les ennemis qui se trouvent derrière nous, les forçant à se mettre à couvert. Et pendant ce temps, je me remets debout, serrant les dents pour tenir et ne pas me mettre à gémir inutilement. J'ai déjà vécu bien pire que cela. Mais je dois avouer que leurs balles sont assez douloureuses. Surement parce que ces balles appartiennent à des êtres au courant et chassant les strigoïs, elles doivent surement être améliorées. Le feu nourri ne dure pas longtemps et je me retrouve à devoir de nouveau esquiver des balles. Alors que je m'apprête à tirer une deuxième fois, je vois Matthew apparaître devant moi avec un lance-roquette. Au moins, il vise dans la bonne direction. Par contre... Vraiment ? C'est une très mauvaise idée ça Matthew ! Il sort une remarque et j'ai le temps d'émettre un léger rire incrédule et amusé avant que la situation ne vire à l'explosif. Je parie que tu as toujours rêvé de sortir cette remarque, n'est-ce pas Matthew ?

Finalement, ce qui m'étonne vraiment, ce n'est pas le rayon de l'explosion, j'ai su tenir le compte et je sais que le système d'autodestruction s'est mis en route. Ce qui m'étonne donc, c'est de me retrouver dans les bras de Matthew avant d'avoir pu bouger pour me mettre à l'abri. Et de le sentir nous déplacer tous les deux en sécurité. Je retiens ma respiration pour ne pas avaler du plâtre et je tombe sur le regard de Matt pendant qu'il fait une autre de ses remarques. Et pour retenir mon sourire, je me retrouve à parler.

« Je ne pense pas que ce lance-roquette t'aurait fait beaucoup de bien si je ne t'avais pas prévenu, Matthew. Alors laisses-moi un peu de temps et on en reviendra à égalité. Maintenant dis-moi, ça faisait combien de temps que tu rêvais de pouvoir sortir ta réplique ? »

Je hausse un léger sourcil et je suis certaine qu'il comprendra que j'évoque son "Hasta la vista, baby". Pendant une seconde, j'oublierais presque qu'il a juré ma mort après une longue agonie et j'ai l'impression de retrouver un peu de notre complicité. Ne rêves pas trop Alena. Ce ne serait pas si amusant si nous redevenions amis, tu ne penses pas ? Je suis à peu près certaine que tu feras tout l'empêcher de toute façon, n'est-ce pas Katara ? Cette dernière ne répond rien mais je sens le sombre amusement qui se répand en moi en réponse et paradoxalement, cela me fait me refermer sur moi-même. Je ne sais pas ce qui amuse Katara, ou plutôt je suppose savoir et c'est ça qui me fait peur. Qu'est-ce que tu comptes faire pour empêcher tout lien de se former entre Matthew et moi, Katara ? Ne penses-tu pas en avoir déjà fait assez ?

Cette dernière ne répond pas et de toute façon, elle n'en aurait pas eu l'occasion puisque Matthew me dépose au bord d'un ruisseau. Nous dépose. Tais-toi Katara. Intéresses-toi plutôt à sa lame tu veux ? Matthew se sent obligé de me rassurer avant de s'agenouiller à mes côtés mais bon...

« Je pense avoir plutôt bien compris que de toute façon, avant de m'arracher la vie, tu as pas mal de choses à me faire. »


Je le regarde un instant et finalement, je fais passer ce qui reste de ma tunique au-dessus de ma tête. J'aimerais rentrer avec des fringues, même si elles ont un aspect dégueulasse, plutôt qu'en sous-vêtements chez moi alors autant retirer ces habits-là. Je me mords la lèvre quand Matthew commence à jouer de son couteau mais c'est la seule manifestation de douleur qu'il me tire. Encore une fois, j'ai été habitué à bien pire. Les asiatiques n'ont pas leurs pareils pour torturer des gens, surtout les vieux strigoïs qui ont pu vivre et recenser tous les types de tortures existants en Asie. Et crois-moi, Matthew, les films sont très loin de la vérité, il existe bien pire que ce qu'ils montrent. Donc, je te conseille d'éviter cette méthode pour me faire regretter de vivre, je la connais un peu trop. Je n'ai pas le temps de continuer à penser que la prise de parole de Matthew me remet les idées en place. Vraiment ? Encore ?

« A quoi est-ce que ça sert que je te parle si tu ne m'entends pas, Matthew ? Dès que je dis la vérité, tu penses que je te mens, que je tente de te tromper ou de tricher. Si je te dis la vérité, comment vas-tu réagir cette fois ? »

Je baisse le regard sur son couteau qui s'amuse un peu trop dans mon ventre d'ailleurs. Heureusement que les balles dans ma jambe sont presque toutes ressorties, je préférerais éviter de fréquenter trop longtemps un Matthew avec un couteau, surtout sur ce genre de sujet. Je relève finalement les yeux vers le strigoï à mes côtés pour lui parler, lui dire ma vérité.

« La vérité c'est que je ne sais pas pourquoi je suis revenue vers toi. J'ai agis... à l'instinct. J'ai entendu les détonations et l'instant suivant, j'étais derrière ses hommes. C'est aussi simple que cela. »


Je hausse les épaules, avant de grimacer quand son couteau extrait un morceau de balle un peu trop coriace. Je me rappelle l'état de mon ventre alors je n'ai pas besoin de baisser les yeux dessus. Du sang, beaucoup de sang, et en dessous, une peau brûlée, presque nécrosée par endroit. Parce qu'ils utilisent des balles d'argent, mais pas que, n'est-ce pas ? Il doit y avoir de l'acide ou de l'argent liquide, parce que je sais que la brûlure ne s'estompe pas forcément avec le retrait des balles. Enfin, ça ne sera pas la première fois pour ça non plus. Rien qu'un peu de sang ne puisse guérir. Pour éviter de me concentrer sur la douleur ou l'état de mon ventre, je me concentre plutôt sur le visage de Matthew.

« Et encore une fois, je n'ai jamais prévu de t'arracher la vie, Matthew. En tout cas, je ne m'en rappelle pas et je ne l'ai jamais désiré. Je ne te mentais pas quand je disais t'aimer, Matt. Et dans ma vie humaine, je n'aurais certainement pas relié l'amour et la mort. »

Dans ma vie de strigoï, j'ai pu comprendre que parfois, la meilleure façon d'aimer l'autre, c'était de lui procurer une mort rapide, plutôt qu'une lente agonie. Mais même ainsi, tu n'étais pas dans ce cas-là. Donc non, Matthew, je n'ai jamais désiré ta mort. Mais je commence à me demander si Katara n'aurait pas pu le vouloir... Et cette possibilité me fait peur. Parce qu'une hypnose disparaît mais Katara, elle, ne disparaîtra jamais. Et si elle t'a fait cela à toi, alors qui sait ce qu'elle aurait pu faire d'autre...
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Matthew Thompson
Matthew Thompson
L'inatteignable
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MessageSujet: Re: Une autre page de l'histoire s'écrit   Une autre page de l'histoire s'écrit - Page 2 EmptyVen 5 Juil - 15:27



Une autre page de l'histoire s'écrit

C’est pile à temps que je nous sors de ce bâtiment qui explose, quoi que je n’aurais pas été contre quelques secondes d’avance, cela m’aurait évité d’avoir le dos complètement brûlé mais je ne laisse pas la moindre douleur transparaître, je ne donnerais pas à Ivy la satisfaction de me voir me mettre en danger pour lui sauver la vie. De toute façon j’ai vécu pire alors oui, la face du type insensible je connais, je suis même capable de sourire voire d’éclater de rire en pleine séance de tortures alors bon… D’ailleurs il y a bien un sourire qui traverse mon visage lorsqu’elle me demande depuis combien de temps je rêvais de sortir ma réplique. Elle était cool, pas vrai ?

« Bien trop longtemps ! »

Moi aussi j’ai envie de me la jouer James Bond, Mission Impossible et compagnie, il n’y a pas de raison qu’il n’y ait que les gentils qui puissent avoir des répliques stylées d’abord ! Bref, et si on se cassait d’ici ? Non parce que j’aimerais éviter de voir les forces de secours rappliquer quand on est encore là. Pas que j’aurais le moindre problème à en tuer plus mais pour l’instant je préfère m’assurer de nos survies. Alors je quitte cet endroit pour me rendre dans la forêt et déposer son corps près d’un ruisseau. On aura bien besoin d’un bain après toute cette action, d’ailleurs le bain aurait pu être cool entre nos deux corps nus qui se frottent dans le ruisseau mais franchement, tu ne mérites pas de goûter à nouveau à tout ce plaisir. Enfin je regrette presque cette pensée lorsqu’Ivy retire sa tunique et se retrouve en soutien-gorge devant moi… Ne pense pas à ça Matthew.

Ce sont sur ses plaies que je me concentre pour éviter de laisser le temps à mon esprit de divaguer sur des images beaucoup plus perverses. D’ailleurs tes plaies ne sont vraiment pas belles à voir. « Le problème Ivy, c’est qu’on ne semble vraiment pas avoir la même vérité toi et moi. » Alors forcément il y a un manque de compatibilité dans nos discours. Peut-être que si tu me parlais de tes petits soucis psychologiques je comprendrais mieux mais c’est toi qui préfères rendre la situation beaucoup plus compliquée en gardant de telles informations pour toi, alors tu ne peux pas me reprocher de ne pas t’accorder le bénéfice du doute après ce qu’il s’est passé entre nous. C’est un autre morceau de balle que je retire lorsqu’Ivy me raconte pourquoi elle est revenue m’aider et je me mets alors à hausser les épaules. « C’est fou comme tout à l’air simple avec toi. » A croire que de nous deux c’est moi qui m’amuse à rendre les choses compliquées mais c’est faux, c’est toi qui as cherché tout ça. « Voilà, c’est terminé. » Le dernier morceau de balle est retiré et je range mon couteau à sa place. Malheureusement je ne pourrais pas faire grand-chose pour ses brûlures mais j’ai fait ma part du boulot après tout, je ne vais pas non plus la chouchouter, manquerait plus que ça !

Apparemment ce n’est pas pour autant le moment où nos chemins se séparent, parce que tu reprends la parole et je dois bien admettre que tes paroles m’irritent profondément, Ivy. A quel point me prends-tu pour un abruti au juste ? Ou je ne sais pas, tu as vraiment un gros trou de mémoire dans tes souvenirs sinon. Il y a un rire amer qui s’échappe de mes lèvres lorsqu’elle affirme que son amour pour moi était réel. Ne dis pas ce genre de choses Ivy, tu n’as pas le droit, je ne te laisserais pas m’atteindre à nouveau aujourd’hui. « Puisque tu as l’air d’avoir ‘oublié’ certaines choses, Alena, laisse-moi te rappeler quelques souvenirs. » Et ne viens pas me dire que je mens par pitié parce que c’est ainsi que les choses se sont passées, j’ai bien plus confiance en la parole de Gabriel qu’en la tienne. « La dernière fois que nous avons fait l’amour, tu t’es éclipsée en douce pour rejoindre les draps de mon Créateur. Tu as voulu que Gabriel soit tien et tu as voulu que Gabriel me tue. » Je prononce ces mots avec une certaine rancœur qui n’a pas disparu malgré les années. Je t’en veux toujours Ivy parce que tu étais l’amour de ma vie, la seule femme avec qui je voyais un avenir sérieux et tu as tout détruit. « Ce n’était pas moi que tu voulais pour l’éternité mais lui, en fait je n’étais qu’un bon moyen pour te rapprocher de Gabriel. » C’est du moins ainsi que je vois les choses, autrement pourquoi aurais-tu perdu ton temps avec moi si je n’étais pas celui qui t’intéressait depuis le départ ? Tu es une femme vicieuse Ivy, peut-être bien plus que moi mais je ne me ferais pas avoir deux fois, je sais apprendre de mes erreurs. « Alors dis-moi, pourquoi diable devrais-je te faire confiance aujourd’hui alors que tu n’as fait que me manipuler durant tous nos moments ensemble ? »

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Ivy Trojan
Ivy Trojan
L'ange et le diable
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MessageSujet: Re: Une autre page de l'histoire s'écrit   Une autre page de l'histoire s'écrit - Page 2 EmptySam 27 Juil - 12:08





Une autre page de l'histoire s'écrit

Est-ce qu'on sera capable de retrouver un jour une relation normale, Matthew ? Je ne compterais pas là-dessus si j'étais toi, Alena. Sauf que mes pensées n'étaient pas dirigées vers toi, Katara, mais bien vers une autre personne, alors ton avis ne m'intéresse pas. Donc, je me demandais. Est-ce que ce mélange de coups bas et de complicité sera notre nouvelle relation ? Je n'étais pas certaine de l'apprécier même si c'est vrai, je pouvais te remercier de m'avoir sauvé la vie. Mais je n'étais pas non plus une princesse en détresse, Matthew. Tout du moins je ne l'étais plus et tu allais vite t'en rendre compte.

Finalement, nous échangeons quelques remarques et surtout, nous parlons de sa réplique tout droit tiré d'un film. Et à son sourire, je sens mon cœur se serrer quelques secondes, m'étonnant par la même occasion. J'avais l'impression de retrouver le Matthew dont j'étais tombée amoureuse une première fois. Celui qui était joueur, séducteur, tendre et entier. Celui que je n'avais, apparemment, pas encore blessé.

Nous nous éloignons de là finalement, tout du moins, Matthew nous éloigne de là et on se retrouve devant un cours d'eau. Et pendant que Matthew dégaine son arme, il me demande de lui dire pourquoi je suis revenu vers lui. N'aurais-tu pas de question plus simple ? Même moi, je ne sais pas vraiment pourquoi j'ai fais cela... Mais je l'ai fais, je ne peux pas le nier. Quand je lui dis que je ne suis pas certaine que la vérité sera bien accueillie, sa remarque me fait presque grimacer. Oui, apparemment nos avis divergent encore. Mais puisque tu continues à jouer du couteau sur mon ventre plutôt que de partir, je suppose que ça veut dire que la réponse t'intéresse vraiment. Alors je finis par lui répondre la vérité, cette vérité dans laquelle je ne sais pas vraiment pourquoi je suis revenue pour lui. Le laisser m'aurait épargné pas mal d'ennuis, dont ses balles mais... On parle de Matthew. Et je n'ai jamais été capable d'agir de façon raisonnable avec lui de toute façon. Sa réplique suivante me fait douter un instant. J'ai l'impression que je l'ai encore mis sur les nerfs. A croire que peu importe ce que je dis, ça ne sera jamais la bonne réponse. Je retiens un soupir et à la place, je hoche juste la tête quand Matthew me dit qu'il en a terminé. Je baisse les yeux vers mon ventre, pour le voir commencer à guérir doucement, vraiment doucement.

« Merci, Matthew. »


Quand je vois que Matthew est prêt à partir, je me mets à parler. J'en ai marre que tu me fuis comme ça, quand tu ne peux pas m'utiliser pour tes plans. J'ai besoin de vraiment te parler et que tu m'écoutes, Matthew. Seulement voilà, tu n'as pas l'air tenté pour agir ainsi... Mais je peux toujours essayer. Alors je parle et je t'explique une dernière fois que je n'ai jamais voulu ta mort. Et apparemment ça ouvre les vannes. Est-ce que c'est plutôt une bonne ou une mauvaise chose ? Je ne sais pas, mais au moins on va pouvoir avoir une vraie discussion je suppose. Je plante mon regard dans celui de Matthew, sans chercher à me relever, me redressant juste. Et je l'écoute, vu qu'apparemment il veut me parler des souvenirs que nous n'avons pas en communs. Je l'écoute et je ne l'interromps pas. Je ne l'interromps pas quand il me dit que j'ai été rejoindre Gabriel pour apparemment vouloir de lui et désirer qu'il tue Matthew. Ce n'est pas possible. Je n'avais rencontré Gabriel que de loin et il ne m'avait jamais intéressé. Pour dire la vérité, dans ma première vie, Gabriel me terrifiait. Ces manières si calmes me donnaient l'impression d'être face à un volcan couvant. Alors ce n'était juste pas possible. Mais en même temps, Gabriel avait tenté de m'étrangler le soir précédent ma mort. Est-ce que... Est-ce que c'était relié ? Mais pourquoi est-ce que j'aurais fais cela ? Je tentais de me concentrer sur la suite, sur Matthew, mais ses mots faisaient toujours leurs chemins dans ma tête. Je ne pouvais pas m'imaginer vouloir tuer Matthew. Mais en même temps, je n'étais pas seule dans ma tête. Est-ce que... Est-ce qu'elle aurait vraiment pu nous faire ça ? Oui. Oui bien sûr qu'elle aurait pu. On parlait de...

« Katara... »

Est-ce que cela te fera réagir, ce mot ? Après tout, Katara n'est rien d'autre que la traduction anglaise de κατάρα, la maudite, l'exécrable. Et toi qui parle également le grec, tu devrais reconnaître ces mots. Mais pour le moment, cela ne m'intéresse pas vraiment. Pas entièrement. Katara, pourquoi est-ce que tu as fais ça ? Tiens, c'est pourquoi maintenant ? Tu n'as plus de doutes ? Non, face à l'amusement de Katara, je n'en avais plus. Et comme si le fait de m'en rendre compte était le déclencheur, je sentis ma tête être bombardée de souvenirs, de brides, d'impressions. Oui, Katara avait rejoint Gabriel et plusieurs fois. Et elle avait lancé son offensive quand elle pensait que Gabriel serait le plus malléable. Elle avait même réduit ses excursions dans d'autres lits pour se concentrer sur lui. Donc tous les trous que j'avais, la nuit, cela le concernait lui... Et la surprise face à la réaction de Gabriel lui avait fait perdre le contrôle et m'avait permis de me retrouver face à ce dernier qui m'étranglait et me disait de fuir. Sauf que ne voulant pas me rendre à l'évidence, j'avais renié cette partie de ma vie et Katara avait pu me la dissimuler... Je crois que j'aurais préféré ne rien savoir finalement. Je laissais retomber mes mains loin de mon front, un vieux réflexe humain qui m'avait fait prendre ma tête entre mes mains quand la douleur du retour de mes souvenirs était venue. Et je rouvre les yeux pour affronter ceux de Matthew. Et même s'il était calme, je pouvais voir une haine en lui que je comprenais enfin.

« Je... Ce n'est pas vraiment ce que tu penses, Matthew. Enfin pas entièrement. Je... »

Comment est-ce que je pouvais dire cela ? Expliquer cela ? Mais en même temps, comment est-ce que je pourrais ne pas le faire ? Certes, Matthew avait eu presque 400 ans pour apprendre à me haïr mais il méritait malgré tout la vérité. Même si cette dernière ne l'intéresserait surement pas. Je finis par planter de nouveau mon regard dans celui de Matthew pour lui faire une demande, une seule demande.

« S'il te plait, assis-toi face à moi. Je dois te parler de quelque chose. »

Quelque chose qui ne sera pas forcément facile à évoquer pour moi. A part le vieux moroï, personne n'a jamais soupçonné l'existence de mon double. Et je n'ai jamais parlé de Katara à personne. Elle était mon honteux secret. Mais maintenant, j'allais devoir partager cela. Ou alors, je peux le rencontrer à nouveau. J'aime bien cette nouvelle version de lui, Alena chérie. Tais-toi, Katara, tu en as bien assez fait. Je voyais que Matthew, face à moi, avait envie de partir sans m'écouter mais apparemment, la curiosité était plus forte. J'attendis qu'il soit assis avant de commencer à parler, mon regard fixé plus sur l'épaule de Matthew que son visage. Je n'aurais pas supporté de voir sa réaction quand il allait prendre à quel point je pouvais être... dingue. Soyons clair, c'était le meilleur mot.

« Je ne sais pas si tu te rappelles, quand j'étais humaine, je t'ai expliqué que parfois, je me réveillais à des endroits différents de ceux où je m'endormais. On pensait que c'était la maladie des marcheurs ensommeillés. Mais ce n'était... pas vraiment ça. Je l'ai compris seulement quand je suis devenue une strigoï et bien après ma renaissance. »

La maladie des marcheurs ensommeillés. Maintenant appelé somnambulisme. Mais à cette époque, le terme n'existait pas encore. J'en avais parlé plusieurs fois à Matthew. Parfois avec peur, d'autres fois avec colère. Je lui avais même parlé de la seule fois où j'avais du tuer un homme, parce que je m'étais réveillée dans un autre lit que le mien, avec un homme qui tentait de m'agresser et de me vendre à d'autres personnes. Et maintenant, je me doutais, sans vouloir m'en rappeler, que tout était de la faute de Katara. Je respire profondément et je finis par affronter le regard de Matthew. Non pas parce que je m'en sentais plus capable mais parce que je voulais qu'il croit en moi, aux mots que j'allais prononcé. Qu'il sache que je disais la vérité, quand bien même cette dernière justifierait la mort. Après tout, il ne serait pas le premier strigoï à tuer une autre strigoï dérangée. Parfois, c'était même plutôt apprécié.

« Félicitation, tu as devant toi un véritable cas psychiatrique. Katara... Katara c'est le nom que j'ai donné à cette personne. La deuxième personnalité dans ma tête. Une que tu as pu rencontrer brièvement à nos retrouvailles dans cette ruelle et qui t'a mordu. »

J'esquisse un sourire désabusé tout en parlant. Et oui, je le dis enfin à voix haute. J'ai une deuxième personnalité. Un truc que je tente d'effacer depuis tous ses siècles, sans résultat. Et pire encore... Elle prend de plus en plus de place.

« C'est elle qui a rencontré Gabriel et c'est elle qui contrôlait les souvenirs de cette soirée. Je ne me rappelais que de Gabriel cherchant à me tuer avant de me faire fuir. Et c'est pour ça que je le cherchais, pour comprendre les parties manquantes. Je sais que tu n'as aucune raison de me croire. Je comprends finalement pourquoi tu ne veux pas me faire confiance ou que tu penses que je t'ai manipulé. Mais je t'assure que je n'ai jamais voulu te faire du mal. Et je pense qu'elle non plus, à sa façon, ce n'était pas sa volonté. Simplement, elle a des projets... Bien distincts des miens. Et elle ne se contente plus de prendre le contrôle quand je dors maintenant. Voilà, tu es au courant de mon plus grand secret. »

Et maintenant, Matthew, qu'est-ce que tu vas faire de cette information ? Chercher à rejeter l'idée ? Me tuer ? Chercher à confronter Katara ? Ou tout simplement passer à autre chose ? C'est à toi de choisir ce que tu veux faire maintenant, Matthew... Et à toi de choisir comment cette soirée finira.
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