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 Daniel, Chapitre 1 : La rencontre d'une vie

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Daniel Fisher
Daniel Fisher
Le roi des échecs
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Date d'inscription : 17/05/2017
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MessageSujet: Daniel, Chapitre 1 : La rencontre d'une vie   Daniel, Chapitre 1 : La rencontre d'une vie EmptySam 20 Juil - 0:40



La rencontre d'une vie
Année 1919 : Daniel a 23 ans. Il se trouve à l'asile depuis 6 ans et y sera encore 3 ans.

Bienvenue à l'Asile de Long Island, dans le Kansas. Venez avec toute votre folie et vous en repartirez encore plus fou. Si vous en sortez bien sur. Ils auraient du mettre cet écriteau sur les murs quand je suis arrivé, je ne crois pas qu'ils l'aient fait. Pas encore. Peut-être un jour. Oui peut-être que je le ferais. Je me tends en sentant la douleur de l'alcool sur mon corps et mes plaies ouvertes.

« Je suis désolée, Daniel. Mais je dois soigner ça avant que ça ne s'infecte. »


Je tourne mon regard vers cette fille. Kelly ? Kathy ? Je ne sais plus. Une jeune infirmière qui vient d'arriver et qui a encore toute ses illusions. Je hausse un sourcil et je la vois rougir. Il faut dire que la moyenne d'âge des habitants de l'asile est plutôt dans les quarante ans et que j'ai beau être la plupart du temps confiné dans six mètres carrés, ça ne veut pas dire pour autant que je devrais rougir de mon corps. Sauf qu'apparemment, elle, elle le fait. Fallait pas me mettre torse nu pour soigner mes plaies alors. Stupide. Oh vraiment la petite voix, tu ne pourrais pas changer de refrain ? Je finis par hausser les épaules et je laisse Kylie soigner mes plaies. La dernière séance avec le docteur Michael avait été... Redoutable. Mais pour lui. Car s'il avait réussi à pratiquement réaliser une autopsie sur mon corps bien vivant, c'est lui qui était mort au final. Et ce n'était même pas moi qui l'avait tué. A cette pensée, un sourire étira mes lèvres quelques secondes, pendant que Kacy me tournait le dos. Quand elle me regarda à nouveau, j'avais de nouveau mon expression impassible mais je repensais avec plaisir à ce moment où ce brave Patrick avait défoncé le crâne du docteur pendant que celui-ci tentait de me tuer. Ah ce brave Patrick n'avait pas été difficile à mettre sous mon contrôle et m'avait été bien utile. Malheureusement il avait bien fallu le sacrifier quand le bon docteur n'avait pas voulu suivre les règles du jeu. Quel dommage pour ce Patrick...

« C'est bon Daniel, tu peux suivre ces messieurs. Ils vont t'amener à ton nouveau psychiatre. »

Je sortis de mes pensées quand j'entendis la voix de Kimmy, tournant de nouveau le regard vers elle. Stupide. Oui, je sais, c'était stupide de me laisser distraire. Mais ce n'est pas comme si j'avais grand chose à craindre du petit agneau. Je me relevais, dépassant la fille de vingt bons centimètres mais ça ne la fit même pas réagir. Grave erreur. Tu as de la chance, je n'ai pas encore de plan pour toi. Mais qui sait ce que tu pourrais vivre... Je hochais la tête et je me dirigeais vers les deux messieurs. Ah, mes amis... Paul et William, si je ne me trompais pas. Je pris les devants et passais devant eux, prenant la parole quand on dépassa l'infirmerie.

« Alors les gars, beaucoup de choses à me dire cette fois ? »
« Tu vas bientôt avoir un voisin de chambre, Fisher. Un nouveau qui arrive bientôt, je suis certain que vous allez bien vous entendre. »

Je haussais un sourcil aux paroles de Paul. En six ans d'asile, j'en avais eu des voisins de chambre. Autant dire que jamais aucun n'était resté. Je tenais à mon intimité et les murs étaient bien fins dans cet endroit. Quel dommage pour ce gars qui allait mourir pour avoir le malheur d'être placé dans une cellule juste à côté de la mienne. Parce que oui, ce n'était pas des chambres mais plutôt des cellules. Heureusement, cela faisait bien longtemps que j'avais le double des clés de la mienne. Paul me poussa un peu pour que j'aille plus vite pendant que nous arrivions devant la porte du bureau où se trouvait avant ce bon vieux docteur Michael. Et oui, j'avais totalement Paul et William à ma botte. Il faut dire que c'était marche ou crève ici et ces deux là étaient assez intelligents pour comprendre qu'il valait mieux être avec moi, plutôt que contre moi. Donc, de part cette bousculade, il y avait une chose de simple à retenir : mon prochain psychiatre était nouveau dans la structure. Lentement, un sourire sadique commença à monter sur mes lèvres pendant que je pensais à ce qui m'attendait. Alors mon vieux, quel genre de jouet seras-tu dans ce nouvel asile ? Le genre que je devrais vite supprimer ? Ou le genre qui me donnera du fil à retordre ? A moins que tu ne sois du genre à t'écraser ? J'ai hâte, mon gars. Paul toqua à la porte et on entendit parfaitement bien un grand « Entrez » donc on entra. Je scrutais du regard le mec devant moi, connaissant déjà parfaitement la pièce dans laquelle je me trouvais. Un mec grand, sec, au physique nerveux. Il avait des petites lunettes sur le nez et une couronne de cheveux blonds avec des mèches blanches et grises. Aucun sourire sur le visage pour le moment, me faisant plisser les yeux. Le sourire était presque obligatoire avec ce poste après tout... A croire que c'était la marque des parfaits connards-bientôt-morts.

« Messieurs, laissez-moi avec mon patient s'il vous plait. » Le bon docteur attendit que Paul et William partent avant de m'indiquer une chaise de la main. « Assieds-toi là, Daniel. »

Je regardais le mec en haussant un sourcil. Je ne pouvais pas encore le juger mais il allait vite apprendre que j'obéissais très mal aux ordres. Je m'assis, oui, mais sur la banquette dans un coin de la pièce. Étrangement, cela fit venir un sourire sur le visage du psychiatre qui me colla presque un frisson. Je savais très bien reconnaître le sourire d'un requin et ça s'en était un. Un prédateur. Je ne quittais pas l'homme des yeux pendant qu'il remontait ses lunettes de son nez, sortant un dossier qui, je le savais, avait été rempli par mes huit précédents psy... Tous morts ou devenus patients à leur tour, si on se pose la question.

« Je suis le docteur Stevensen, Daniel, et je serais ton nouveau psychiatre. Un de ceux qui restent, Daniel. Je dois te prévenir que j'ai été formé avec des techniques innovantes qui marchent toutefois très bien dans des cas comme les tiens. C'est ce qui fait que je suis maintenant à la tête du personnel, mon cher. Il va y avoir quelques changements dans cette asile. Mais tout d'abord, nous allons commencer par une discussion pour apprendre à se connaître, qu'en dis-tu Daniel ? Pour commencer, si tu me disais depuis combien de temps tu as ces voix dans ta tête ? »


Je croisais les bras sur mon torse, malgré mes blessures qui m'empêchaient de bouger correctement mon bras droit. Faudrait vraiment que je pense à buter ma mère pour avoir expliquer à mon premier psychiatre que j'entendais des voix. Pas ma faute si je croyais qu'elle me traitait de stupide alors même qu'elle ne disait rien. La voix était exactement la même. Stupide. Tais-toi donc maman. Meurs, Meurs, Meurs. Désolé père, pas ce soir. Fallait pas te louper avec la noyade hein ? Je ne lâchais pas le regard de Stevensen et notre séance commença.

♟ ♙ ♜ ♔ ♞ ♖ ♟ ♙

Je me trouvais deux heures plus tard dans la cantine de l'asile, où nous étions observés par dix gardiens. Dont sept que je ne connaissais pas. Étonnant, selon mes calculs, je n'avais pourtant passé que trois jours en cellule de redressement avec le bon docteur Michael. Visiblement, ça avait été trois jours intenses pour ce docteur Stevensen. En une seule séance, j'avais pu me rendre compte que ce docteur allait vite devenir mon plus grand défi. Contrairement aux autres, il avait l'intelligence de ne pas me sous-estimer et il savait quoi chercher. Il savait également que l'équipe était assez corrompue pour qu'il doive la changer. Et maintenant, je me retrouvais avec un échiquier où certes, tous mes pions étaient toujours prêts à se sacrifier pour moi, mais où mes cavaliers et mes fous avaient été supprimés en un seul coup. Il ne me manquait plus que d'éliminer à mon tour ceux de mon bon docteur pour rééquilibrer la partie. Ainsi que de recruter quelques autres pièces qui pourraient être intéressantes.

J'attrapais un plateau et je me dirigeais vers la femme bien aimable qui nous servait ce jour-là. Encore une inconnue. Non pas que la précédente ne me manquera bien entendu. Mais c'était étonnant que même elle ait changé. Après tout, je n'avais jamais cherché à la recruter, une cuisinière n'était intéressante dans aucun plan. Un concierge ou même une femme de ménage était mille fois plus intéressants. Je sentais une personne se rapprocher de moi et je relevais la tête pour croiser le regard de Sam. Ce cher bon vieux Sam, mon meilleur informateur. Une pièce maîtresse bien entendu. Ma reine dans cette partie même. Mais mon regard se détourna pour tomber sur un jeune adulte escorté par deux gardes. Il avait le visage bien sombre cet homme, mais surtout, les yeux qui traînaient partout.

« C'est Lucas Cooper, le nouveau résident. »

C'était ce cher Sam qui venait de parler, je tournais un instant mon regard vers lui pour le voir en train d'observer ce Lucas. Puis on avança un peu plus dans la file pendant que je regardais de regarder vers ce petit nouveau. Enfin nouveau, il y en avait tous le temps des nouveaux. Mais peu nombreux étaient ceux qui restaient, quand ils n'étaient pas protégés. Alors, c'était plutôt les plus anciens les plus importants. A moins que cette fois le nouveau ne vaille le coup ?

« Tiens donc. Qu'est-ce que tu peux me dire sur lui, Sam ? »
« Pas grand chose. Son dossier est vide pour le moment, en dehors d'une note disant qu'il a été mis ici après un passage devant la justice. »
« Hum hum... Préviens-moi si tu trouves quoi que ce soit de plus. »
« Bien sur. Oh et il sera dans la chambre en face de la tienne. »


Alors c'est de lui donc Paul parlait ? Je penchais la tête en l'observant et là, il releva les yeux pour croiser mon regard. On s'observa pendant plusieurs secondes avant que le gardien ne le force à marcher vers notre couloir et sa chambre. Je me détournais de la scène et je sentis un sourire étirer mes lèvres. Finalement, cette nouvelle pièce pourrait devenir bien plus intéressante en tant que fou, plutôt qu'en tant que mort. Car ce qu'il y avait dans ses yeux... Ce qu'il y avait dans ses yeux promettaient bien des rebondissements. Un éclat de rire m'échappa, attirant les regards pendant que je donnais mon plateau à la grosse dame. Je récupérais une bouillie infecte en donnant un clin d'œil à cette femme qui n'avait pas du en recevoir beaucoup dans sa vie. Je croisais le regard d'Eloane, qui me fit comprendre qu'elle pensait que j'étais un fou. De bonne humeur, j'adressais un sourire à cette autre résidente qui était l'une des seules à me tenir tête. Et l'une des seules que je respectais pour cela d'ailleurs, bien que je me demandais toujours ce qu'elle foutait ici. Trop gentille, trop nette, pas assez folle. Puis je m'avançais vers ma table et commençais à réfléchir à mes prochains coups. On dirait, Stevensen, que tu ne vas pas garder longtemps le contrôle de cet asile. Alors, jouons mon cher, jouons. La partie vient tout juste de commencer et elle promet de devenir intéressante...
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